ÉGLISE SAINTE-ANASTASIE

Lachute

DESCRIPTION

Adresse civique :
174, avenue Bethany
Lachute, Québec J8H 2M1

Début de la construction d’origine :
En 1936

Fin des travaux d’origine :
Vers 1937

Hiérarchisation régionale :
Supérieure (C)

Concepteurs:
J.-Eugène Perron, architecte
Alcidas Laurin, entrepreneur

Orgue:
Casavant et Frères; 1939 (installation); Opus 1614

Vitraux: Oui
Remarque s.n; s.d.

 

SOMMAIRE HISTORIQUE

La première chapelle en bois aurait été construite en 1876. Incendiée peu de temps après sa construction, elle fut remplacée par une église de brique en 1876-1877. Cette église fut démolie au printemps 1937 après la construction de l'église actuelle.

Historique

1879: Construction du premier presbytère.

1883: Érection canonique de la paroisse que Mgr Fabre, évêque de Montréal, place sous le vocable de Sainte-Anastasie

1936: Construction de l'église actuelle d'après les plans et devis de l'architecte J.-Eugène Perron.  L'entrepreneur Alcidas Laurin effectue les travaux

1937: Fin des travaux reliés à la construction de l'église

Après 1937: Démolition de l'ancien presbytère et construction de l'actuel avec chemin couvert qui le relie à l'église. Une photo d'époque datant de 1937 nous permet de visualiser l'ancien presbytère.

1962: Travaux de restauration intérieure. Les motifs créés par une utilisation polychromique de la brique auraient alors disparu probablement par l'application d'une peinture sur le revêtement. Un aspect important du style Dom Bellot aurait ainsi été supprimé. On remarque aussi sur des photos prises avant cette restauration une chaire qui aurait été enlevée probablement à la même époque.

Vers 1999: travaux de restauration intérieure et extérieure sous la direction de l'architecte Jean-Marc Coursol. À l'intérieur, on procède aux travaux de nettoyage et de peinture des murs et de la voûte. À l'extérieur, on remplace partiellement les fenêtres de bois par d'autres en pin de première qualité et on remplace également le verre. On rénove de plus le clocher et on procède à la réfection de la toiture. Le bardeau d'asphalte est ainsi changé tout comme la gargouille.

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Extérieur

Revêtement dominant des murs: Pierre

Style dominant: Dom Bellotiste

Remarque: Pierre granitique.  Cette pierre rosâtre est semblable à celle rencontrée à l'église Margaret Rodger Memorial construite à la même époque dans la même ville de Lachute et qui provenait d'une carrière de Brownsburg, ville voisine de Lachute.

Il s'agit selon Claude Bergeron d'une des premières églises construites selon le style Dom Bellot au Québec, avec Sainte-Thérèse de Lisieux à Beauport. L'église Sainte-Anastasie rappelle par sa tour jouxtant le volume principale et sa rosace en façade l'église Immaculée Conception d'Audincourt en France, érigée en 1931 d'après les plans et devis de Paul Dom Bellot. Cet exemple précoce de l'influence de Dom Bellot au Québec doit cependant être remis en contexte puisque dans la même ville de Lachute, en 1932, avait été construit un lieu de culte presbytérien, l'église Margaret Rodger Memorial, qui semble, par ses formes et ses matériaux, avoir grandement influencé la conception de cette église de J.-Eugène Perron. Cet exemple renforce l'idée de la nécessité de regarder du côté des traditions protestantes pour comprendre d'autres dimensions du renouveau de l'architecture religieuse au Québec.

L'architecte J.-Eugène Perron semble avoir œuvré principalement dans les années 1950 dans la région montréalaise. Il travailla auparavant avec l'architecte Henri S. Labelle sur les plans de la Cathédrale Sainte-Cécile à Salaberry-de-Valleyfield (1934-1935), église érigée dans un style qui ne laissait pas encore paraître l'influence de Dom Bellot sur l'architecte. Cette inspiration semble davantage se concrétiser chez Perron avec l'église Sainte-Anastasie. Elle constitue probablement l'œuvre la plus achevée de l'architecte.

Bâtiment à plan rectangulaire, l'église Sainte-Anastasie est entièrement revêtue de granit rose provenant de Brownsburg. Sa particularité réside en partie dans sa tour octogonale élevée tel un campanile à la droite de l'édifice. La chambre des cloches est ici délimitée par des ouvertures polygonales avec persiennes. Ornées de modillons et d'un fronton, quatre des huit faces saillissent au niveau de la chambre des cloches, procurant à la tour une allure quelque peu médiévale, caractéristique du courant architectural inspiré par Dom Bellot. Moins élaborée, la façade de l'église trouve son ornementation dans sa rosace et son portail dont la pente du toit est tronquée par la présence d'une niche abritant une statue. Si les différentes ouvertures démontrent une forme polygonale en façade, on note la présence d'arcs en mitre au niveau des murs latéraux.

À l'arrière, l'abside laisse paraître le même registre d'ouvertures qu'en façade, soit la rosace et les quatre fenêtres à arc polygonal. Une sacristie et une chapelle se logent à l'intérieur des murs qui ceinturent le bâtiment sur les côtés et à l'arrière.

 

Intérieur

Les arcs polygonaux dominent ce décor à la Dom Bellot.

Plancher de «terrazzo» et de tuiles de céramique agencées de façon à créer une répétition de motifs. Une restauration survenue en 1962 aurait fait disparaître une partie des effets de l'utilisation polychrome de la brique.

On remarque l'utilisation du verre coloré jaune dans les fenêtres de la nef. Les fenêtres que l'on retrouve dans la façade répondent à celles qui se trouvent dans le mur au fond du chœur. Le mobilier du chœur est en bois. Les fonts baptismaux sont signés Jean-Julien Bourgault et les anges situés de part et d'autre du maître autel seraient l'œuvre de Médard Bourgault. On note la présence de deux tribunes à l'arrière de la nef et de deux tribunes latérales dans le chœur.