ÉGLISE SAINT-PHILIPPE

Browsburg - Chatham

DESCRIPTION

Adresse civique :
231, Route du Canton
Brownsburg-Chatham, Québec J8G 1R5

Début de la construction d’origine :
En 1888

Fin des travaux d’origine :
En 1889

Hiérarchisation régionale :
Supérieure (C)

Concepteurs :
Perrault et Mesnard, architectes
Athanase Lauzon, entrepreneur
P.H. Boileau et Frères, menuisiers

Orgue :
Casavant Frères; 1942; no. 1701

Vitraux : Oui

Décor peint :
Tout l'intérieur a été peint dès l'origine par l'artiste-peintre François-Édouard Meloche assisté de T.X. Renaud.
Les décors peints semblent encore en bon état.

 

SOMMAIRE HISTORIQUE

La célébration du culte aurait commencé à Saint-Philippe en 1840. Une chapelle de brique aurait été construite par l'entrepreneur Renaldo Fuller en 1855. Elle a été utilisée jusqu'en 1889. Le bâtiment situé à un coin de rue de l'église, existe toujours mais est aujourd'hui transformé en commerce de détail. Le terrain pour l'église actuelle a été vendu à la fabrique en 1859. L'ordre pour la construction n'a cependant été donné qu'en 1881 et on a dû attendre encore sept années avant les débuts de la construction.

Jusqu'à  la formation du diocèse de Saint-Jérôme, Saint-Philippe faisait partie du diocèse d'Ottawa. Il s'agit d'un village situé en bordure de la rivière des Outaouais, entre Grenville et Lachute, aux limites des régions Laurentides et de l'Outaouais à la frontière de l'Ontario.

L'église de la firme Perrault et Mesnard détonne de son environnement de par son ornementation à l'extérieur et son clocher qui ne sont pas sans rappeler le style roman. Elle se situe en bordure de la route 148 au cœur de l'ancien noyau villageois qui demeure assez modeste. S'élèvent immédiatement à droite, un presbytère de granit rose construit en 1901 puis une ancienne écurie, derrière se trouve, le cimetière et ses monuments et à gauche, une école primaire, datant probablement des années 1980. L'environnement constitué de terres agricoles contribue à faire ressortir l'église apparaissant monumentale.

Historique des modifications

Un Sacré-Coeur a été érigé devant l'église en 1918. On trouve aussi non loin de là une croix d'acier dont on ne connaît la date d'érection.

Il est mentionné qu'en 1940, le sommet du clocher aurait été modifié de sorte que la croix qui s'y tient est moins élevée aujourd'hui. Selon le répondant, on aurait entièrement refait la toiture d'ardoise en 2000 en remplaçant les tuiles d'origine. La pierre des murs extérieurs aurait pour sa part été complètement restaurée en 2002.

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Extérieur

Revêtement dominant des murs: Pierre

Remarque: Pierres à bosses; seraient à restaurer, particulièrement derrière la sacristie et le mur latéral droit où les joints sont évidés; il y a aussi des fissures au haut des murs.

L'église de Saint-Philippe se distingue au sein du corpus des architectes Perrault et Mesnard et pour les mêmes raisons qu'elle se distingue aussi au sein des églises des régions de Laval, Laurentides et Lanaudière. Sa façade est composée d'une tour très large flanquée de tourelles arrondies au-dessus desquelles est postée une balustrade à ouvertures carrées. La tour centrale est aussi ornementée de deux clochetons flanqués en son sommet. D'autres tourelles parachèvent cette déclinaison de superpositions, à chacun des angles de la chambre des cloches. Ces dernières sont cependant carrées. Elles sont coiffées, tout comme la chambre des cloches, d'une toiture qui pourrait être qualifiée d'ogivale à base carrée.

Le portail impressionne par sa largeur et son ornementation. Deux portes doubles sont séparées par un trumeau auquel est superposé un linteau où l'on peut lire: Hic Domus Dei et Porta Coeli. À ce linteau succède un autre où se trouve l'inscription «A.1888.D». Cet ensemble est encadré par un voussoir en plein cintre double, lui-même cintré par un cordon de pierre qui se prolonge horizontalement à partir du bas de l'arc vers les angles de la façade.

De la tour centrale partent vers le bas les pentes du toit qui se terminent par deux lucarnes aveugles. À ces portions de mur que l'on pourrait croire abriter des portiques latéraux, sont plutôt accolés des contreforts.

Les ouvertures du lieu sont pour la plupart en forme d'hémicycle, sauf pour les meurtrières de la façade. Les fenêtres des murs latéraux sont étonnamment petites et peu nombreuses, ce qui devait cependant accentuer l'effet dramatique du décor peint à l'intérieur. On peut remarquer la présence de fenêtres logées dans la partie supérieure du mur pignon derrière la sacristie.

Le toit du lieu, tout comme la base carrée de la tour, est entièrement recouvert d'ardoise. Si le répondant affirme que le toit aurait été refait en 2000, nous sommes d'avis que la tour n'a pas alors été touchée puisque ses ardoises donnent des signes d'érosion par le vent et la pluie.

Les murs sont constitués de pierres à bosses que l'on suppose être de la pierre locale ou du moins, du granit de Brownsburg. Le rejointement de la pierre aurait été complètement refait en 2002. Cependant on peut supposer qu'en fait seule la façade aurait été restaurée puisque les murs latéraux présentent l'évidement de certains joints ainsi que des fissures au haut des murs.

Le parvis de ciment serait à refaire: les marches sont fissurées et les rampes se détachent de leur point d'ancrage. Les cheminées, une de pierres et l'autre de briques, seraient à consolider. Les boiseries (soffites, corniches...) seraient à restaurer, particulièrement derrière la sacristie. Le portique du côté droit n'est pas d'origine.


Intérieur

L'intérieur du lieu est dominé par le décor peint réalisé par François-Édouard Meloche entre 1888 et 1891 environ. Ce décor avant tout géométrique plutôt qu'historié, couvre l'entièreté du lieu. De tels motifs se marient parfaitement aux formes circulaires des ouvertures et des modillons qui rappellent davantage la mosquée ou les temples byzantins.

L'église de Saint-Philippe figure au sein des lieux de culte les mieux conservés et les plus achevés de F.-E. Meloche. Probablement suite au concile, le mobilier du lieu a été modifié; le plancher est présentement recouvert de tuiles de vinyle, les bancs sont de facture moderne tout comme le tombeau de l'autel.