ÉGLISE SAINT-HYPPOLYTE

Saint-Hyppolyte

DESCRIPTION

Adresse civique :
2259, chemin des Hauteurs
Saint-Hippolyte, Québec J8A 3B8

Début de la construction d’origine :
En 1933

Fin des travaux d’origine :
En 1933

Hiérarchisation régionale :
Supérieure (C)

Concepteur :
Ludger Lemieux, architecte

Orgue : Non

Vitraux :
John Patrick O'Shea; date inconnue

 

SOMMAIRE HISTORIQUE

Une première chapelle aurait été construite l'année suivant la création de la mission, en 1865, mais bâtie sans main-d’œuvre qualifiée, on n'osa pas même y laisser entrer quelqu'un de peur qu'elle ne s'écroule. En 1866, on en construisait donc une nouvelle. La première église suivit en 1877, mais brûla en 1933, dans un incendie qui emporta aussi la salle paroissiale et le presbytère. C'est donc en 1933 qu'a été construite l'église actuelle selon les plans de l'architecte Ludger Lemieux et sous la direction des entrepreneurs Héroux et Robert. Cette réalisation de Lemieux contraste de l'église de la paroisse de Saint-Esprit, dans la municipalité du même nom, sise dans Lanaudière, non loin de Saint-Hippolyte.  La nécessité d'explorer de nouvelles formes et de nouveaux principes semble désormais primer sur le désir de construire dans un esprit monumental comme il l'avait fait quelques années auparavant dans plusieurs paroisses ouvrières de Montréal, entre autres, pour les églises Saint-Vincent-Ferrier et Saint-Vincent-de-Paul.

Des travaux d'entretien seraient survenus entre 1991 et 2001.

- le perron de l'église aurait été refait

- le système de protection des incendies aurait été installé

- le presbytère aurait aussi été restauré

- vers 1997, on aurait remplacé les fenêtres (répondant)

- vers 2001, on aurait remplacé le revêtement de la toiture ainsi que restauré les boiseries extérieures (fasces, cadres des fenêtres, soffites, ...) Ces travaux ont été exécutés, en partie, grâce au financement de la fondation du patrimoine religieux du Québec.

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Extérieur

Claude Bergeron mentionne que, vers 1926, dans une optique rationaliste, Gérard Morisset avait formulé le principe suivant: «la façade d'un édifice doit découler de l'organisation interne, en être le reflet, et que toute décoration doit être subordonnée à la construction». L'architecte Ludger Lemieux appliquera ce principe lors de sa conception de l'église Saint-Hipolyte en 1933. Ainsi, «le couronnement de la façade de Saint-Hippolyte reproduit même la forme du volume interne qui, lui, est engendré par la structure». La forme ogivale soulignée par une ornementation créée par l'alternance de briques en saillie se trouve donc mise de l'avant en façade, alors que deux fenêtres en arc brisé éclairent le chœur par la droite. Le traitement simple du portail caractérisé par le travail de la brique montrant des croix en saillie annonce lui aussi un certain renouveau par le rassemblement des trois portes rectangulaires en position centrale qui accentue l'horizontalité du lieu néanmoins contrebalancée par la présence de la tour du côté gauche. On peut observer les portes de bois massif dont les pentures se terminent par un arc de cercle presque complet. La tour carrée en brique ne comporte que deux petites ouvertures de forme rectangulaire. Elle est surmontée d'une chambre carrée des cloches, dont les ouvertures ogivales aujourd'hui cloisonnées par la présence de persiennes sont surmontées de motifs trilobés. Sa flèche pyramidale recouverte de tôle avec de petits pinacles aux quatre coins s'inscrit dans un vocabulaire néogothique qui pourrait être un rappel de l'ancien lieu de culte.

Au niveau des murs gouttereaux et qui paraissent répondre aux différents registres de la fenestration. À l'avant et à l'arrière du lieu, les surfaces intérieures définies par les arcs ogivaux semblent recouvertes de crépi d'un ton de beige qui contraste avec la brique rouge. Les longs pans se caractérisent par la présence de larges fenêtres rectangulaires qui rappellent celles de certains établissements scolaires. La fenestration a cependant été modifiée et le verre double, s'il protège les vitraux, renvoie des reflets bleutés à l'extérieur.

L'arrière du bâtiment est caractérisé par un jeu des volumes et des pentes de toit qui démontre une géométrisation évidente des formes. Un changement dans la couleur de la brique laisse cependant croire qu'une annexe a pu être enlevée et qu'une ancienne porte lui donnant accès de l'intérieur a pu être transformée en fenêtre. On retrouve à la façade arrière, une rosace semblable à celle de la façade mais cerclée d'un voussoir de brique simple.

 

Intérieur

À propos des églises Saint Brendan à Montréal et Saint-Hippolyte dans les Laurentides, utilisant toutes deux au niveau de la voûte un système de «mailles losangiques formées par [des] lamelles assemblées au moyen de boulons constituant une structure légère et rigide qui est aussi décorative», Claude Bergeron écrira que «malgré leur caractère modeste, ces deux églises sont celles qui s'affranchissent le plus des formes du passé et qui obéissent le mieux aux règles de la doctrine rationaliste. Le couronnement de la façade de Saint-Hippolyte reproduit même la forme du volume interne qui, lui, est engendré par la structure».

Même s'il ne s'agit pas d'un décor peint au sens de l'inventaire, des toiles marouflées ornent les murs du chœur ainsi que l'espace au-dessus des confessionnaux à l'entrée de la nef.

On peut constater que dans le lieu de culte sont utilisés deux types d'arcs: arc en accolade et arc  brisé. Seules la voûte au-dessus de la travée centrale et les ouvertures donnant sur le chœur, montrent des arcs ogivaux. La balustrade de bois reprend pour sa part la forme en accolade visible au niveau des arches des bas-côtés.