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Homélie de Mgr Pierre Morissette à la messe chrismale du 26 mars 2018

Publié le : 2018-03-29 a 15h47 | Catégorie : Événements diocésains

crédit photo: Diocèse de Saint-Jérôme

Frères et sœurs,

En relisant les textes de la Parole de Dieu pour cette célébration, mon attention a été attirée par une phrase de la 2e lecture:

«À lui qui nous aime… qui a fait de nous un Royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la souveraineté.»

«… qui a fait de nous un Royaume et des prêtres pour son Dieu et Père…»

Cette phrase nous dit en quelque sorte ce qu’est l’Église. En ce temps de questionnement, de remise en question de nos structures, de nos organisations, il est certainement utile d’évaluer le regard que nous portons sur l’Église, d’interroger notre vision de l’Église.

On peut considérer l’Église comme un lieu de service, un CLSC du religieux ou un magasin du religieux où l’on se procure les services religieux que l’on considère important : baptême, confirmation, messe du dimanche, funérailles, etc. Si l’Église n’est que cela, il y a lieu d’être inquiet. En effet, nos indicateurs sont tous en baisse : moins de baptêmes, moins de confirmations, moins de monde à la messe du dimanche, moins de funérailles…

À regarder l’Église comme un lieu de service, nous risquons de devenir comme ce propriétaire d’une petite boîte de musique que nous présente une publicité télévisée : «On vend de moins en moins de CD». Et ses acolytes de lui suggérer de baisser les prix, de faire des spéciaux, de se concentrer sur un genre de musique… jusqu’à ce que la comptable dise : «on pourrait penser autrement : penser à la musique en ligne, changer de support

Et nous, comme Église, que devons-nous faire? Nous redire ce qu’est l’Église voulue par Dieu. Un texte célèbre du Concile Vatican II nous éclaire grandement :

  • L’Église est le Peuple de Dieu qui a pour chef le Christ… tous ensemble, baptisés, nous formons le Peuple de Dieu.
  • La loi qui nous régit est «le commandement d’aimer comme le Christ nous a aimés.»
  • Et le but de ce peuple, c’est de contribuer, de collaborer à l’établissement du Royaume inauguré sur la terre par Jésus lui-même.
  • Le Concile continue en disant que ce peuple, même s’il ne comprend pas tous les hommes, même si parfois il apparaît petit et faible (ce qui est de plus en plus le cas chez nous) est le germe le plus fort de l’unité, de l’espérance et du salut pour l’humanité.
  • Le Concile ajoute encore que ce peuple sert d’instrument pour la rédemption de tous les hommes et qu’il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre.
  • Voilà ce que doit être notre Église : germe d’unité, d’espérance et de salut, lumière du monde, sel de la terre; on pourrait dire encore levain dans la pâte. 
  • Mais pour cela une condition : que nous vivions dans la communion de l’amour et de la vérité.
  • Il y a là pour chacun, chacune d’entre nous et pour nos communautés chrétiennes un grand espace de questionnement. Est-ce que notre manière d’être chrétien, chrétienne, est-ce que notre manière d’être communauté chrétienne fait de nous des germes d’unité, fait de nous la lumière du monde ou le sel de la terre?

Ce que nous vivons ce soir, dans cette messe chrismale, me semble un bel exemple du témoignage qu’il nous faut donner comme Église : nous sommes venus de partout, nous sommes heureux d’être ensemble, nous sommes une belle représentation de ce Royaume inauguré par Jésus. Ensemble, nous offrons à Dieu cette terre et ce peuple des Basses-Laurentides vers lequel Dieu nous envoie pour l’inviter à entrer en amitié et en communion avec Lui.

«À lui qui nous aime… qui a fait de nous un Royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la souveraineté.»

† Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme

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