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Homélie de Mgr Pierre Morissette à la messe chrismale du 15 avril 2019

Publié le : 2019-04-16 a 15h00 | Catégorie : Événements diocésains

crédit photo: Diocèse de Saint-Jérôme

Frères et Sœurs,

            Dans les temps de grand ébranlement comme celui que vit notre Église, pour éviter d’être désorienté, il faut revenir à l’essentiel, à la raison pour laquelle on existe.  Or qu’en est-il de l’Église?  Pour quelle raison est-elle là?  Le bienheureux Pape Paul VI disait :  «L’Église existe pour évangéliser, pour faire connaître la Bonne Nouvelle.»  Et le Pape François ne cesse de nous redire la même chose en nous rappelant que, baptisés, nous devons être des disciples – missionnaires, des acteurs de la mission.  Cette tâche d’annoncer la Bonne Nouvelle n’est pas la responsabilité de quelques-uns dans l’Église.  Évêques, prêtres, diacres, religieux et religieuses, fidèles laïcs, nous sommes tous responsables de la mission.

            Quelle est-elle cette mission?  C’est la mission de Jésus lui-même telle qu’elle nous est rappelée dans l’Évangile qui vient d’être proclamé :

  • apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres
  • apporter la libération et la lumière à ceux et celles qui souffrent
  • annoncer un temps favorable accordé par le Seigneur.

Nous participons à la mission qui est celle que le Père a confiée à Jésus.  Habités, transformés par l’Esprit-Saint reçu au baptême et à la confirmation, nous collaborons, dans notre milieu, à la mission de Jésus.

Bien évidemment, la question qui suit est «comment».  Comment remplir la mission qui nous est confiée dans le monde qui est le nôtre, un monde en profonde transformation, un monde où la religion semble causer problème comme on le voit dans toutes les discussions autour du projet de loi sur la laïcité?  On entre ici dans la recherche de façons de faire, dans le terrain des essais et des erreurs.  Je n’ai certes pas de solution à proposer ce soir.  Ce serait bien prétentieux de ma part.

Mais je vous propose trois pistes de réflexion qui me semblent se dégager de toutes les recherches faites depuis Vatican II :

  1. Il faut revenir au cœur de la Bonne Nouvelle, à savoir que Jésus a été envoyé dans le monde pour nous sauver du péché et de la mort.  Le besoin d’amour, le besoin d’être sauvé du mal et de la mort, du péché et de la douleur, de la haine et de la division se retrouvent au cœur de chaque être humain.  Ce que nous avons à faire comme Église, c’est d’annoncer que Jésus répond à ces
  1. Comme Dieu notre Père, il faut aimer le monde «Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils pour que nous ayons la vie en plénitude» (Jn3,16;10,10).  Aimer le monde ne veut pas dire que nous acceptons tout ce qui se passe sans discernement.  Il y a dans notre monde des aspects qui posent question au regard de notre foi.  L’image qui me semble la plus appropriée pour décrire l’attitude qui convient est celle de bons parents qui sont capables, à l’occasion, d’interpeller leurs enfants sur tel ou tel aspect de leur vie, mais dont la posture fondamentale est celle de l’amour inconditionnel.  Je voudrais rappeler ici à nos frères et sœurs laïcs qui sont engagés dans divers secteurs de la vie sociale comment le témoignage serein et joyeux de votre foi joue un grand rôle.  Vous êtes ceux et celles à travers qui le visage de Jésus peut se révéler en premier à nos concitoyens.  Vous êtes ceux et celles dont le témoignage de foi et d’amour peut déclencher une recherche qui aboutit à la rencontre de Jésus.
  1. Il faut, me semble-t-il, rester convaincus de l’importance de la logique sacramentelle qui anime l’Église.  Les sacrements sont les canaux habituels à travers lesquels Dieu nous communique son amour, sa grâce, même s’il peut agir autrement.  L’Église ne se contente pas d’annoncer les valeurs du Royaume, mais à travers les sacrements, elle communique la vie de Dieu.  Sacrements d’initiation, eucharistie dominicale, il faut en redire l’importance pour la vie chrétienne qui, sans les sacrements, s’étiole petit à petit et perd sa saveur.  Sans les sacrements, dit le Pape François, l’Église devient simplement une ONG, une organisation parmi d’autres et non plus le Peuple de Dieu.

Dans quelques jours, nous célébrerons Pâques.  Laissons-nous envahir par la joie de l’Évangile, la joie de la Résurrection.  Ayons à cœur d’en être les témoins dans notre monde et de participer ainsi à la mission de Jésus.

† Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme

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