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Dernière Lettre encyclique du pape François : Fratelli tutti / Last Encyclical Letter of Holy Father Francis

Publié le : 2020-11-04 a 11h37 | Catégorie : Actualité, Communauté chrétienne

LETTRE ENCYCLIQUE FRATELLI TUTTI DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS SUR LA FRATERNITÉ ET L'AMITIÉ SOCIALE

1. « Fratelli tutti »,[1] écrivait saint François d’Assise, en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile. Parmi ses conseils, je voudrais en souligner un par lequel il invite à un amour qui surmonte les barrières de la géographie et de l’espace. Il déclare heureux celui qui aime l’autre « autant lorsqu’il serait loin de lui comme quand il serait avec lui ».[2] En quelques mots simples, il exprime l’essentiel d’une fraternité ouverte qui permet de reconnaître, de valoriser et d’aimer chaque personne indépendamment de la proximité physique, peu importe où elle est née ou habite.

2. Ce Saint de l’amour fraternel, de la simplicité et de la joie, qui m’a inspiré l’écriture de l’encyclique Laudato si´, me pousse cette fois-ci à consacrer la présente nouvelle encyclique à la fraternité et à l’amitié sociale. En effet, saint François, qui se sentait frère du soleil, de la mer et du vent, se savait encore davantage uni à ceux qui étaient de sa propre chair. Il a semé la paix partout et côtoyé les pauvres, les abandonnés, les malades, les marginalisés, les derniers.

Sans frontières

3. Il y a un épisode de sa vie qui nous révèle son cœur sans limites, capable de franchir les distances liées à l’origine, à la nationalité, à la couleur ou à la religion. C’est sa visite au Sultan Malik-el-Kamil, en Égypte, visite qui lui a coûté de gros efforts du fait de sa pauvreté, de ses ressources maigres, de la distance et des différences de langue, de culture et de religion. Ce voyage, en ce moment historique marqué par les croisades, révélait encore davantage la grandeur de l’amour qu’il voulait témoigner, désireux d’étreindre tous les hommes. La fidélité à son Seigneur était proportionnelle à son amour pour ses frères et sœurs. Bien que conscient des difficultés et des dangers, saint François est allé à la rencontre du Sultan en adoptant la même attitude qu’il demandait à ses disciples, à savoir, sans nier leur identité, quand ils sont « parmi les sarrasins et autres infidèles … de ne faire ni disputes ni querelles, mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu ».[3] Dans ce contexte, c’était une recommandation extraordinaire. Nous sommes impressionnés, huit-cents ans après, que François invite à éviter toute forme d’agression ou de conflit et également à vivre une ‘‘soumission’’ humble et fraternelle, y compris vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas sa foi.

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ENCYCLICAL LETTER FRATELLI TUTTI OF THE HOLY FATHER FRANCIS ON FRATERNITY AND SOCIAL FRIENDSHIP

1. “FRATELLI TUTTI”.[1] With these words, Saint Francis of Assisi addressed his brothers and sisters and proposed to them a way of life marked by the flavour of the Gospel. Of the counsels Francis offered, I would like to select the one in which he calls for a love that transcends the barriers of geography and distance, and declares blessed all those who love their brother “as much when he is far away from him as when he is with him”.[2] In his simple and direct way, Saint Francis expressed the essence of a fraternal openness that allows us to acknowledge, appreciate and love each person, regardless of physical proximity, regardless of where he or she was born or lives.

2. This saint of fraternal love, simplicity and joy, who inspired me to write the Encyclical Laudato Si’, prompts me once more to devote this new Encyclical to fraternity and social friendship. Francis felt himself a brother to the sun, the sea and the wind, yet he knew that he was even closer to those of his own flesh. Wherever he went, he sowed seeds of peace and walked alongside the poor, the abandoned, the infirm and the outcast, the least of his brothers and sisters.

WITHOUT BORDERS

3. There is an episode in the life of Saint Francis that shows his openness of heart, which knew no bounds and transcended differences of origin, nationality, colour or religion. It was his visit to Sultan Malik-el-Kamil, in Egypt, which entailed considerable hardship, given Francis’ poverty, his scarce resources, the great distances to be traveled and their differences of language, culture and religion. That journey, undertaken at the time of the Crusades, further demonstrated the breadth and grandeur of his love, which sought to embrace everyone. Francis’ fidelity to his Lord was commensurate with his love for his brothers and sisters. Unconcerned for the hardships and dangers involved, Francis went to meet the Sultan with the same attitude that he instilled in his disciples: if they found themselves “among the Saracens and other nonbelievers”, without renouncing their own identity they were not to “engage in arguments or disputes, but to be subject to every human creature for God’s sake”.[3] In the context of the times, this was an extraordinary recommendation. We are impressed that some eight hundred years ago Saint Francis urged that all forms of hostility or conflict be avoided and that a humble and fraternal “subjection” be shown to those who did not share his faith.

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