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Consécration de la cathédrale de Montréal le vendredi 13 octobre prochain

Publié le : 2017-08-03 a 15h09 | Catégorie : Actualité

crédit photo: Achidiocèse de Montréal

LA CONSÉCRATION D’UNE CATHÉDRALE


POURQUOI CONSACRER UNE ÉGLISE?

Si le rite de la dédicace d’une église et de son autel est compté à bon droit parmi les actions liturgiques les plus solennelles, celui de la dédicace d’une cathédrale ne peut que l’être encore davantage. Certes, toutes les églises sont des lieux sacrés pour les fidèles, parce que c’est là où se rassemble la communauté chrétienne pour écouter Dieu lui parler, c’est là aussi où la communauté lui adresse des prières d’intercession et de louange, et surtout c’est là où elle célèbre les saints mystères. En tout temps aussi, c’est le lieu où l’on conserve le saint sacrement de l’Eucharistie. Quant à l’autel, qui est le meuble le plus important d’une église, sa consécration fait aussi partie intégrale du rite de la dédicace parce que c’est autour de l’autel que se réunit le peuple de Dieu pour participer au sacrifice du Seigneur et prendre part au repas céleste. L’autel est signe du Christ, qui est à la fois autel, prêtre et victime de son propre sacrifice.


Chaque église est une image particulière de l’Église dans son ensemble, le temple de Dieu construit de pierres vivantes. Quand il s’agit de l’église cathédrale, il faut comprendre qu’il s’agit de l’église-mère de toutes les églises paroissiales, de
toutes les chapelles des sanctuaires, des communautés de vie consacrée et des institutions réparties dans le Diocèse, là où le peuple de Dieu se rassemble pour célébrer l’Eucharistie. C’est pourquoi, en plus de célébrer solennellement
l’anniversaire propre de la dédicace de chaque église ou sanctuaire, l’anniversaire de la dédicace de la Cathédrale d’un diocèse devient une fête qui doit être célébrée sans exception en tout lieux de culte dans le Diocèse. Alors tous les fidèles qui se rattachent habituellement à leur église paroissiale, se rappellent que leur lien avec la Cathédrale demeure toujours premier. C’est aussi l’occasion de se rappeler que l’on fait tous partie d’abord de l’Église catholique à Montréal.


COMMENT SE FAIT-IL QUE NOTRE CATHÉDRALE N’AIT JAMAIS ÉTÉ CONSACRÉE?

La surprise est générale quand on apprend que la cathédrale de Montréal n’a jamais été « consacrée ». Comment est-ce possible? Cela est dû, sans doute, au fait qu’il faut qu’une église soit entièrement payée, pour que l’on puisse procéder à sa
dédicace. Or, dans le cas de la cathédrale de Montréal, les coûts furent très élevés, en des temps économiquement difficiles et que le remboursement complet s’est étalé sur plusieurs décennies, si bien qu’on avait pris pour acquis que cette célébration avait déjà eu lieu. Il ne fait cependant aucun doute que l’autel de la Cathédrale a été consacré dès l’ouverture du temple. Cependant, cet autel a subi des transformations importantes suite aux modifications liturgiques découlant du Concile Vatican II. Il aurait été ramené à des dimensions plus petites, afin, notamment, de pouvoir en faire le tour. Ces altérations obligent cependant que l’autel soit consacré de nouveau; ce qui se fera lors de la célébration du vendredi soir 13 octobre prochain, au cours de la célébration de la dédicace, présidée par notre archevêque, Monseigneur Christian Lépine.


COMME UN BAPTÊME, COMME UN MARIAGE…

Tout édifice qui porte le nom d’église n’est pas une construction comme une autre parce qu’il s’agit d’un symbole, celui d’un Peuple vivant bien identifié. Dès lors, l’édifice lui-même est considéré comme ayant une âme, à savoir l’âme de la communauté qui vit sur le territoire de telle paroisse, tel sanctuaire ou telle institution. Au temps voulu, le temple élevé par ce peuple est présenté au Seigneur, comme on présente un enfant pour le baptême, afin qu’il soit consacré à Dieu, pour lui appartenir et être entièrement dévoué à son service et à sa gloire. L’utilisation du saint-chrême pour la consécration de l’autel et des murs du temple, rappelle aussi celle qui est faite sur le front du nouveau-né. Enfin, comme le nouveau baptisé reçoit un nouveau nom, ainsi l’église dédicacée reçoit le titre particulier correspondant à son unique titulaire. Pour la cathédrale de Montréal, le titre de Marie-Reine-du-Monde lui sera conféré. Il est à noter que ce titre n’aurait pas pu lui être attribué au moment de sa construction pour la simple raison que l’Église ne reconnaîtra ce titre à la Vierge Marie que dans
les années cinquante. Bien que la Basilique-Cathédrale soit dédicacée à Marie-Reine-du-Monde, la paroisse de la Cathédrale continuera à porter le nom de paroisse Cathédrale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur.

L’image d’un mariage peut aussi être évoquée pour mieux comprendre la célébration de la dédicace d’une église. En effet, après une période de fiançailles (qui s’étend sur plus d’un siècle pour la cathédrale de Montréal) arrive le moment solennel
du don total. Les douze croix de consécration, qui seront fixées et illuminées par des cierges au mur de la Basilique-Cathédrale au moment de la dédicace, rappelleront pour toujours l’alliance, et l’engagement de fidélité réciproque, conclue entre tout un peuple et son Seigneur.

Abbé Rovert J. Gendreau, directeur
Service diocésain de pastorale liturgique

(Sources : L'Acolyte, bulletin mensuel du Service de pastorale liturgique, août 2017.)