Foi et spiritualité

 

« Ne rabâchez pas comme les païens; ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. »  Mt 6,7

La prière est souvent associée à une formule. La plus connue est sans doute le Notre Père.  C’est une prière importante parce qu’elle nous vient de Jésus lui-même. Aux disciples qui lui  demandent : «Seigneur apprends-nous à prier » (Lc 11,1), Jésus leur enseigne le Notre Père.

Il faut savoir que dans le monde juif, on n’ose pas nommer Dieu et voilà que Jésus l’appelle père comme seul un fils peut le faire. C’est là tout un bouleversement! Cette affection du fils pour son père et du père pour son fils se manifestera d’ailleurs à plusieurs occasions dans les évangiles, en particulier lors de la passion de Jésus. Au jardin de Gethsémani, là où il sera arrêté, Jésus prie Dieu en disant : «Abba, Père, à toi tout est possible» (Mc 14,36).  Dans cette prière, Jésus s’adresse à Dieu en disant Abba. Ce mot araméen utilisé par Jésus a une connotation affective et cela aussi n’est pas habituel dans le monde juif dans lequel Jésus se trouve. Dans notre langage nous dirions «papa».

On voit ou plutôt on sent l’intimité et l’attachement qui unit Jésus à Dieu. Plus tard encore, cloué sur la croix, comme on le fait à cette époque pour les criminels, juste avant sa mort, Jésus lance ce cri à Dieu : «Père, entre tes mains je remets mon esprit» (Luc 23, 46). Encore ici Jésus utilise le titre de Père pour parler à Dieu. Mais il y a plus encore. À quoi pensons-nous en lisant «Entre tes mains»? Nous imaginons un enfant blotti tendrement dans les bras de son père ou de sa mère : image parfaite de la tendresse, de la sécurité et de l’amour inconditionnel.

Aujourd’hui, la prière du Notre Père que Jésus nous a enseignée, nous permet, à notre tour, de nous reconnaître fils et filles de Dieu et donc frères et sœurs aimés du même Père. Elle nous lie également à toute l’humanité que Dieu désire rassembler dans son amour.

« À ces mots Notre Père, ce n’est pas lui qui devient Père, c’est nous qui nous découvrons enfin ou davantage ses enfants. »

François Varone

Par Lise Leclerc, juillet 2017

 

Lorsque nous entrons en relation avec une personne étrangère, nous échangeons des questions telles que : «Qui êtes-vous?» «D’où venez-vous?» «Que faites-vous?»

Avouons que le Saint-Esprit nous est encore passablement étranger. À la question «qui est-il?», nombre d’entre nous répondent : «Il est la troisième personne de la Sainte Trinité». Une réponse assez abstraite, peu sympathique et qui peut nous laisser pratiquement indifférents. C’est comme si un étranger nous répondait : «Je suis la troisième personne d’une famille de trois.» Alors qui est au juste l’Esprit Saint, comment le définir ou plutôt comment se définit-il?

La réponse nous est soufflée par Jésus qui nous parle de L’Esprit en ces mots : «L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom…» «Recevez l’Esprit Saint». En d’autres mots, l’Esprit Saint est l’Esprit du Père et de Jésus  dont nous héritons comme chrétiens et chrétiennes. On aime dire parfois que nous avons hérité de l’esprit de notre grand-père ou de notre grand-mère, que nous sommes habités par ce même esprit qui les animait. Cela signifie que quelqu’un est reconnu comme chrétien s’il témoigne être habité par l’Esprit Saint qui animait Jésus : «Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu.» «Fils, vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils.»  «Marchez sous l’impulsion de l’Esprit», «l’Esprit Saint qui habite en nous», autant d’affirmations que nous trouvons dans les lettres de Paul. Alors, qu’est-ce qui caractérise l’Esprit de Jésus? C’est en ouvrant l’Évangile que nous apprenons que l’Esprit de Dieu repose sur lui, ce jour où, baptisé dans les eaux du Jourdain, Jésus sortant de l’eau voit reposer sur lui l’Esprit de Dieu sous le signe d’une colombe. Et nous apprenons que cet Esprit va se manifester dans son enseignement, par son amour pour tous y compris et surtout les exclus, les pécheurs et tous les mal-portants. Cet Esprit le rend miséricordieux envers tout le monde. De son Esprit jaillit la lumière de la Vérité, l’amour rendu en vie donnée. De cet Esprit émane une force amoureuse qui l’a guidé jusqu’à la croix.

Ce qu’a réalisé l’Esprit c’est ce qu’a fait Jésus. Lire et méditer l’Évangile nous révèle l’action concrète de l’Esprit Saint;  je connais donc l’Esprit de Dieu en fréquentant l’Évangile; impossible de savoir qui il est sans nous pencher sur la vie de Jésus. Il est théologiquement la troisième personne de la Trinité, mais il est évangéliquement pour nous l’Esprit de Jésus.

Cet Esprit de Dieu nous est donné, nous est communiqué; il en fait don à son Église, donc à ses disciples. Au jour de notre baptême, lors de la cérémonie de la confirmation, il repose sur nous sous le signe d’une onction avec une huile bénie, le saint Chrême. La Pentecôte est la célébration de ce don sur l’Église et le monde. Baptême et confirmation sont des signes (sacrements) de sa venue sur nous et nous croyons que ce même Esprit se manifeste chez toute personne qui fait du bien à la manière de Jésus; habités par l’Esprit sans être encore appelés à en porter le signe sacramentel, ces gens auront la surprise de s’entendre dire, le jour du jugement dernier : «Ce que vous avez fait à l’un des miens malades, étrangers, en prison, nus, affamés et assoiffés, vous me l’avez fait… car vous étiez habités par mon Esprit.

On comprend mieux alors toute l’importance de notre témoignage chrétien. En témoigner, c’est valoriser toute personne qui fait du bien, qui se dévoue pour les autres, qui est artisan de paix, qui sait pardonner, qui prend soin. Un chant nous le rappelle : «Ubi  caritas et amor, Deus ibi est».

Ne brimons pas l’Esprit de Jésus en nous, mais gardons-le vivant et efficace en nous, en imitant l’agir de Jésus. Ne pas connaître Jésus, c’est ignorer quel Esprit l’habite et nous habite.

Enfin, la Révélation nous apprend que Dieu nous envoie son Fils Jésus, que ce même Jésus nous envoie l’Esprit Saint et que l’Esprit Saint nous envoie proclamer dans le monde la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour tous. Le pape François appelle cela «SORTIR» : un rappel à sortir d’un repliement sur nous-mêmes pour aller vers ceux et celles qui ont faim et soif de connaître Jésus Christ et de le faire selon son Esprit.

 

Jean-Pierre Joly, prêtre

Mai 2017

 

Jésus affirme que seule la prière qui vient du cœur importe à Dieu. Il considère même comme hypocrites les personnes qui prient en public pour bien paraître aux yeux des gens.

« Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret. » (Mt 6,6)

Pourtant, malgré cet extrait de l’évangile de Mathieu, il ne faut pas en déduire que Jésus ne nous encourage pas à prier dans une église ou en groupe. Jésus dira aussi « si deux ou trois sont réunis en mon nom je suis là au milieu d’eux. »

Quand Matthieu dit « la chambre la plus retirée », on pense bien sûr à une pièce de la maison, mais cela peut aussi avoir un sens symbolique. Elle peut désigner le lieu intime qui se trouve à l’intérieur de chacun. Là où ce que nous sommes et ce que nous désirons sont à leur plus vrai. Ainsi, que la prière soit individuelle ou communautaire, peu importe le lieu où nous sommes, Jésus insiste sur la disposition du cœur que l’Esprit Saint favorise.  Jésus nous invite à prier humblement c’est-à-dire dans la vérité de notre cœur. 

Lise Leclerc

Mars 2017

 

Une expression qui revient souvent dans les messages que nous adresse le pape François. L’indifférence dont il nous parle, nous la retrouvons dans l’Évangile : souvenons-nous de l’indifférence de ce riche dont l’unique souci est de bien manger et d’être vêtu dans le luxe; son souci l’aveugle au point d’être totalement indifférent au pauvre Lazare gisant à sa porte et qui a faim. (Luc. 16, 19ss)

Dans le Sermon sur la montagne, Jésus dit ceci : «Nul ne peut servir deux maîtres… ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’Argent. » (Matthieu. 6, 24)

À ces paroles de Jésus, suit une invitation à un examen de conscience; il parle de nos soucis (ce mot ou verbe revient 5 fois) : souci de manger et de bien manger, souci d’être bien habillé… Voilà ce qui fait référence à notre grand souci de consommer; la consommation rend aveugle et indifférent et conduit à oublier que la vie vaut mieux que la nourriture et le vêtement. Pour Dieu le souci de la vie du pauvre et de l’affamé s’avère le premier souci. Et voici la réalité actuelle des affamés dans notre monde :

  • Sept millions de Yéménites proches de la famine (22 février 2017).
  • Les Nations unies ont besoin de 4.4 milliards de dollars de financement d’urgence pour faire face à des situations de famine au Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen… Plus de 20 millions de personnes sont dans des situations tragiques; à noter : des 4 situations de famine, seule une, en Somalie, est due à la sécheresse, les trois autres sont la conséquence de conflits (Février 2017).

En parlant de conflits qui provoquent la famine, voici d’autres statistiques : 

  • En 2015, le marché mondial de l’armement a connu une hausse de 11.3% pour atteindre 65 milliards de dollars.
  • La Chine a un budget de la défense de 145 milliards SUS en 2016.
  • Le Canada a été l’année dernière le deuxième exportateur d’armes au Moyen-Orient, après les États-Unis et devant la Russie. C’est de l’ordre du jamais vu.
  • En dernière heure : le président des États-Unis s’apprête à déposer un budget qui augmentera de 50 milliards (sur un budget de 597 milliards de dollars) le financement de l’armée américaine et conséquemment une coupure dans les sommes attribuées à l’aide internationale. (27 février 2017)

C’est ici que surgit de façon criante le choix entre deux maîtres : L’Argent qui tue, qui exploite, qui cause la famine… ou Dieu qui s’identifie aux pauvres et aux affamés : «J’avais faim…». Ce même Dieu qui, en Jésus, après un jeûne de 40 jours au désert, eut faim; faim de quoi? De la Parole de Dieu qui exige de nourrir l’affamé. Le Royaume de Dieu et sa justice s’impose d’abord comme premier et unique choix car on ne peut faire de compromis : ou bien… ou bien?

 

URGENCE!

Notre réaction : «Que faire?» «On se sent complètement impuissants!» Le sommes-nous à ce point? Écoutons ce passage de l’Évangile (Marc. 9, 29) : on rapporte que les disciples n’ont pu venir à bout du mal qui affecte un enfant. Les disciples demandent alors à Jésus : «Pourquoi n’avons-nous pas réussi?» La réponse de Jésus : «Ce genre d’esprit mauvais, rien ne peut le faire sortir que la prière (Matthieu ajoute le jeûne)».

Cela veut dire que : si on a vraiment foi en la prière, nous allons prier pour ce terrible mal de la famine dans le monde. Trop souvent on entend plutôt ceci : «On ne peut pas faire autre chose que prier». Réponse tiède qui cache le peu de foi en la prière pour l’obtention de la justice.

Le Carême peut conduire à la tentation suivante; celle d’un moment de refuge dans une spiritualité intimiste. Écoutons de pape François, dans son exhortation La joie de l’Évangile :

  • «Toute communauté de l’Église, dans la mesure où elle prétend rester tranquille sans se préoccuper de manière créative et sans coopérer avec efficacité pour que les pauvres vivent avec dignité et pour l’intégration de tous, court aussi le risque de la dissolution… elle finira par être dépassée par la mondanité spirituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses, avec des réunions infécondes ou des discours vides». (No. 207)

Et le pape François ajoute : «Seul m’intéresse de faire en sorte que ceux qui sont esclaves d’une mentalité individualiste, indifférente et égoïste puissent se libérer de ces chaînes si indignes et adoptent un style de vie et de pensée plus humain…». (No.208)

Je termine par cet extrait de la prière de Judith, dans la Bible. Cette femme dont le peuple est menacé par l’assaut de l’ennemi, par une pénurie d’eau et donc découragé, se met en prière :

  • Judith tomba le visage contre terre, répandit de la cendre sur sa tête… et à haute voix, cria vers le Seigneur :
  • «Voici l’ennemi : il se prévaut de son armée, se glorifie de ses chevaux et de ses cavaliers, se targuent de la valeur de ses fantassins, compte sur la lance et le bouclier, sur l’arc et sur la fronde et ils n’ont pas reconnu en toi le Seigneur briseur de guerre… Ta force ne réside pas dans le nombre, ni ton autorité dans les violents, mais tu es le Dieu des humbles, le secours des opprimés, le soutien des faibles, l’abri des délaissés, le sauveur des désespérés… toi exauce ma prière… mon peuple n’a d’autre protecteur que toi.» (Judith. 9, 1ss)

Personnellement et en communauté, prions en ce Carême pour le choix de servir Jésus-Christ dans les pauvres et les affamés.

Jean-Pierre Joly, prêtre

27 février 2017

 

 

« Je suis la vigne, vous êtes les rameaux : celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira du fruit en abondance : séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le rameau, il se dessèche… » (Jn 15, 5-6)

Sur un arbre comme sur une planche issue de l’arbre, on remarque des nœuds qui sont les vestiges de branches qui ont été coupées. Ces nœuds sont profondément incrustés dans le cœur de l’arbre; ils sont la marque ou la cicatrice de branches manquantes. Les branches coupées ne sont donc pas totalement perdues ou oubliées, à preuve leurs empreintes sous forme de nœuds au cœur de l’arbre dont elles se sont séparées.

L’image du nœud me renvoie au cœur de Dieu, le Père; la branche me représente et me rappelle que je suis issu du cœur de Dieu, créé par lui à son image et ressemblance. Bien plus, sa propre vie, circulant en moi, me permet de vivre, de grandir et de donner fleurs et fruits. Il peut m’arriver, et il nous arrive à tous, de nous séparer du tronc de l’arbre, mais, dans le tronc de l’arbre une marque demeure et demeurera toujours. C’est dire que, même séparé de lui, je demeure ancré au fond de lui comme ce nœud; oui, nous demeurons gravés comme une cicatrice en Dieu Père, ce qui fait que Dieu ne peut jamais oublier notre branche; il en porte profondément la marque en lui. Belle image pour nous rappeler la fidélité amoureuse de Dieu : beau symbole pour nous révéler que personne ne peut être définitivement coupé ou séparé de Dieu; tous nous demeurons fils et filles dans le cœur de Dieu malgré nos chutes ou nos séparations.

Me revient spontanément à l’esprit la chanson Le petit bonheur de Félix Leclerc, dans laquelle il raconte, qu’un jour, son bonheur est parti, alors que, chante-t-il, j’eus beau lui montrer le grand trou qu’il me faisait au fond du cœur. Lorsqu’une personne profondément et sincèrement aimée nous quitte ou se sépare de nous, c’est comme un grand vide ou grand trou au fond du cœur, une cicatrice qui demeure et qui, parfois, va même jusqu’à éveiller une espérance de retour. Souvent le cœur du nœud arrive à tomber, laissant justement un trou devenu symbole de l’absence de l’être aimé.

On sent bien chez le père du fils perdu de la parabole, ce nœud qui marque la séparation de son fils; un nœud incrusté dans son cœur de père et qui nourrit en lui l’espérance du retour de son fils. Il ne peut l’oublier ce fils dont la marque demeure au plus profond de son cœur de père. Le fils lui-même devient conscient de cet attachement filial à son père, ce qui lui inspirera l’élan du retour.

Observer les nœuds sur le tronc ou sur la planche, c’est découvrir que nos séparations ne sont jamais sans espoir de retour, car le Père nous porte tous éternellement et amoureusement en lui.

Jean-Pierre Joly, prêtre

Janvier 2017

 

Certaines personnes prient quotidiennement, d’autres ont délaissé la prière depuis longtemps, d’autres enfin la pratiquent occasionnellement.

Mais que savons-nous au juste de la prière? Comment fait-on pour prier? Que se passe-t-il dans la prière? Peut-on prier sans formules toutes faites? Toutes les religions ont une forme de prière alors qu’est-ce que la prière chrétienne a de particulier? Que nous dit Jésus à propos de la prière?

Dans le Nouveau Testament, Jésus devient, pour les chrétiens, la source d’inspiration. C’est pourquoi  nous nous tournons vers lui pour nous instruire sur la prière.

Les quatre évangiles nous apprennent que Jésus priait souvent. Lorsqu’il priait, Jésus se retirait seul ou encore avec quelques amis. Les évangiles relatent que Jésus priait particulièrement à l’occasion de gestes, de paroles ou de choix importants qu’il s’apprêtait à faire.

La prière lui permettait de « rester branché », pour utiliser une expression d’aujourd’hui, sur Dieu.  Et, faisant cela, il évitait de se laisser influencer par des personnes ou par une foule qui tentaient de le détourner de sa mission. 

Lise Leclerc

Septembre 2016

 

Nous faut-il encore prier? Nos prières sont-elles efficaces? Avons-nous le coeur à prier?

Les réponses à ses questions nous sont inspirés par la Parole de Dieu. Dans la Bible, on prie : Abraham, Moïse, les rois David et Salomon, les auteurs des psaumes, tous les prophètes sont de grands priants. Dans le Nouveau Testament, c'est surtout l'évangile de Luc qui nous présente un Jésus qui prie. Un passage de son évangile nous impressionne : Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes... Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, s'en alla dans un lieu désert; LÀ, IL PRIAIT (Mc 1, 32-35). J'ai toujours imaginé que, cette nuit-là, Jésus aurait longuement prié pour tous ces gens malades, désespérés, souffrants avec lesquels il était entré en contact la veille.

La prière, c'est entre autre, porter une foule de gens dans le coeur de Dieu le Père; elle est une sortie de soi-même pour embrasser les autres, les présenter au Père, intercéder pour eux. Prier, c'est le contraire de l'indifférence, c'est un acte de solidarité. Jésus n'est pas indifférent, il prie pour nous tous.

Alors, si Jésus tient tellement à se retirer pour prier, c'est qu'il croit en la prière; cette prière qui le garde en contact étroit avec son Père et avec tous les souffrants que nous sommes.

Prier pour dire MERCI, prier pour demander PARDON, prier pour DEMANDER et prier pour LOUER tout simplement. D'ailleurs, ne nous est-il pas spontané de solliciter une prière pour quelqu'un, pour le monde...? Nos parents ne nous défendaient pas de demander, mais ils nous demandaient d'ajouter : S'il vous plaît! Ce que Jésus a fait en ajoutant : Père, ta volonté! Alors quelle paix dans un tel élan de confiance en un Père qui écoute notre prière. Jésus, notre maître à prier, nous enseigne ceci : Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demande (Luc 11, 9-13).

La prière stimule ma confiance en Dieu Père et m'ouvre à la réalité vécue par mes frères et soeurs. Deux paraboles de Jésus à relire : une sur la persévérance dans la prière (Luc 18, 1-8) et une autre qui nous est présentée comme l'ami qui se laisse fléchir (Luc 11, 5-8).

Jean-Pierre Joly, prêtre

Février 2016

 

Il existe, chez l’être humain, plusieurs dimensions. Il y a la dimension physique : on est homme ou femme, petit, grand, blanc ou noir… etc. Il y a la dimension psychologique faite des traits de la personnalité, du caractère, des émotions et des sentiments. Il y a encore la dimension sociale : le réseau familial, les compagnons et compagnes de travail, les amis-es. Il y a enfin la dimension spirituelle. Celle-ci comporte les valeurs, principes et choix qui balisent notre vie. Elle est faite aussi d’une recherche plus ou moins claire sur le sens de la vie en général : pourquoi vit-on? À quoi me sert-il de vivre? Après la mort, y a-t-il quelque chose? La spiritualité colore la vie, les choix, les engagements, les valeurs. Telle spiritualité, telle est aussi la façon de concevoir la vie, les relations interpersonnelles, la mort, la vie, l’après-vie.
 

Les religions veulent toutes répondre aux interrogations qui sont notre lot. Certaines diront que la vie est à l’image de notre « karma ». D’autres avancent que la « grande énergie » nous tire vers l’avant. D’autres encore prétendent que seule la science peut répondre à ces questions existentielles et qu’après la vie il y a le néant ou le retour inévitable à une autre condition de vie. Toutes les religions ont un discours sur la vie, la mort, l’être humain, la destinée. C’est leur dimension spirituelle.
 

Pour ce qui est de la spiritualité chrétienne, trois grands traits la définissent: la communion, la prière et l’option préférentielle pour les petits. Le disciple du Christ se caractérise par l’amour qu’il a pour les autres, son intimité avec Dieu et les gestes qu’il pose envers les plus petits. Pratiquer sa foi et vivre sa spiritualité se confondent souvent : « ce que tu es parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis ».

 

Lise Leclerc

Janvier 2016