En ce début d’année pastorale, je me suis demandé à quoi nous pourrions comparer la tâche qui nous attend. Assez étrangement, vous en conviendrez facilement, l’image qui m’est venue est celle d’un déplacement en automobile. Il y a évidemment divers types de déplacements en auto : je vous en propose deux.

Le premier, c’est le déplacement sur un circuit ovale comme on voit souvent dans les courses de « stock-cars ». C’est l’éternel recommencement, les mêmes paysages reviennent tout le temps. De fait, dans nos activités pastorales, nous allons refaire beaucoup les mêmes choses que nous faisions l’an dernier; les mêmes questions vont se poser au même moment de l’année.

Cette image, il faut bien le dire, peut rejoindre la perception qui est celle de bien des gens éloignés de la vie pastorale : ils peuvent croire que nous tournons en rond. Le fait que nous soyons peu présents dans les grands médias accentue cette impression qu’il n’y a rien de neuf dans cette Église.

Et pourtant, cette répétition des mêmes activités cache une autre dimension, très importante, de l’agir pastoral. Dimension qui est prise en compte par cet autre type de déplacement en auto, celui que l’on fait sur une route étroite et sinueuse dans la campagne; les courbes, les montées, les descentes se succèdent et nous révèlent constamment des paysages nouveaux. N’est-ce pas ce que nous vivons aujourd’hui en pastorale? Le monde auquel nous voulons apporter l’Évangile change, évolue. La réalité est mouvante, de nouvelles questions apparaissent, de nouveaux défis surgissent. Nous savons trop bien que nous ne pouvons pas répéter, année après année, les mêmes activités comme si notre monde était statique. Le développement du catéchuménat n’est qu’un des nombreux exemples que l’on peut apporter.

Et la prise en compte du changement social, des questions nouvelles posées par notre monde appelle, de notre part, la réflexion au plan spirituel et intellectuel. Prière et étude doivent pouvoir trouver place dans notre agenda si nous voulons vraiment marcher avec ce monde en évolution.

Jésus a marché avec les disciples d’Emmaüs et ce n’est qu’au bout d’une longue marche qu’ils l’ont reconnu. Il nous faut sans doute accepter, nous aussi, ce déplacement sur les routes étroites et sinueuses de notre monde, dans la patience et la persévérance… pour que Jésus soit reconnu.

Je vous souhaite une excellente année pastorale.

†Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme

Catégorie: Mgr Morissette

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